Jack Jeffrey et Bernadette Phan

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Heures d'ouverture de la galerie :
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 15h à 19h.
Le samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h.

Galerie du Tableau

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Diem Perdidi est une association créée en 1990 et dont l’objet est " la promotion des artistes plasticiens de la Région Provence Alpes Côte d’Azur ".

Depuis 1991 Diem Perdidi gère la Galerie du Tableau, rue Sylvabelle, à Marseille.

C’est un petit espace agrandi par le temps. En proposant un artiste par mois, la Galerie du Tableau, n’aurait pu en vingt-deux ans n’en proposer que deux cents.

Pour l’heure ce sont deux mille expositions et plus qui ont eu lieu.

Le 17 décembre 1990, un " microbe " de Max Ernst était proposé pour l’inauguration. Une épidémie s’est, ce jour-là, déclarée.

Dans cette galerie sont exposées des oeuvres d’art contemporain avec cette singularité que les expositions se déroulent selon un rythme bimensuel. Autrement dit un lundi sur deux a lieu un vernissage. Ainsi plus de 2000 artistes, pour la plupart de la Région PACA, ont pu présenter leurs travaux à la Galerie du Tableau.

Outre cette activité régulière, Diem Perdidi organise des manifestations qui permettent des échanges internationaux : Il s’agit alors soit de permettre aux artistes de la Région d’exposer à l’étranger, soit d’organiser l’accueil d’artistes étrangers dans la Région PACA.

Diem Perdidi

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Matthias Olmeta : exposition du 13 au 25 octobre 2014

Elle est là, elle est toujours là cette envie de faire une photographie. Non pas une œuvre, mais une photographie, entendue comme un objet suspendu, qui ne s’entrevoit pas sans avenir, une impassible figure de proue.
L’objet est entre tous reconnaissable, biographique, narcissique et obsessionnel. Rien ne nous échappe d’un ouvrage déjà bien établi, puisque tout nous est donné, ce dont il ne peut se défaire depuis tant d’années : des internés psychiatriques rencontrés à Cuba, des amis travestis, des prostituées de rencontre et, l’ultime cercle, la famille. Et dans cette liste, nous donnerons toute sa place à ce phallus dont l’histoire se confond avec la photographie, objet parmi les objets, animal autonome qui relie tout ce petit monde pour mieux se confondre, s’escamoter et se cacher dans un monstrueux capharnaüm.

On ignore de quelle façon cela s’est fait, mais la photographie est là. Chimique, artisanale, elle s’impose comme un démenti de l’acte industriel et de la nouveauté technique. On entrevoit, - ce qui auparavant nous paraissait détestable -, l’amour de la matière, la fusion et la confusion entre sensations et affects. Ces images font ainsi le procès du vocabulaire critique contemporain. Car les nuances du monochrome de la substance, chose essentielle à la perception, n’ont rien à voir avec un néo-pictorialisme passé d’âge. Lorsque les personnages et les objets s’imprègnent de cette matière toujours aléatoire, venue directement du XIXème siècle, on ne peut se défendre d’une impression quasi mystique, et de les contempler, hiératiques, conséquences d’un mystérieux recouvrement. Les photographies ne doivent rien à la catégorie du beau et sont peu sensibles au réel. Remaniées constamment, elles n’existent que d’avoir été dégradées, souillées et alors seulement magnifiées. Ce qui a été vécu n’a de sens qu’intégré et digéré par l’acte photographique, au-delà du filtre de la machine.

Quelquefois, il faut bien l’avouer, devant la beauté intrinsèque et trouble de ces images, on se trouve embarrassé. Dans ces conditions, on le conçoit, il n’est pas aisé de pratiquer un diagnostic élaboré, impassible et neutre sur ce qui relève de l’hallucinatoire, du mystique, du désir et de la répulsion. On ne nous demande pas de voir ces images, il nous faut les absorber.
Ces choses et ces gens, pris dans la photographie comme dans la glace, s’imposent alors que l’on cherche en vain une organisation, une structure. Mais ce que l’on reconnaît ici, c’est l’anarchie, le désordre accepté, le poids des événements, l’abandon du monde face au moi. Les seules choses qui semblent avoir été délaissées, mises sur le côté, ce sont les idées, cette charge, ce très lourd fardeau que la photographie porte depuis quarante ans.
Ne restent alors que la puissance et l’orgueil du faire, la fabrication bricolée de la photographie qui, pour ne pas se limiter, rejette la modernité et ses commodités comme si l’on pouvait encore emprunter des chemins qui depuis longtemps ont été reconnus, défrichés.
Chaque image prolonge ceux qui ne sont plus là, ou ne seront plus là. Aussi, se moque-t-on de ce qui pourrait les définir, les décrire, les dépeindre... Les choses et les gens errent sans antécédent et sans décision dans un monde clos, prisonniers d’un alliage, inscrits dans une mince lame que la lumière fait vibrer. Ils s’échangent, car la photographie a cette puissance, dans le même mélange, parfois marbrés, souvent cuivrés, toujours figés. Ils fondent une communauté, soudée et décidée par le photographe, ordonnateur de ce bain mystique.

Voilà cet espace délimité par sa vie et ses actes, refusé aux autres, où sur des formats géant, ou des plaques de verre, se constitue une alternative sans autre finalité que d’affirmer la prépondérance du photographe sur ce monde.
A tous égards, cette photographie est un événement peu banal, original et fondateur. Ode à la puissance et à l’énergie hors du commun, ces suites de fragments assemblés comme une litanie de still life, offrandes au soleil et au feu, ne doivent rien aux vanités mais se révèlent être des ossuaires, des reliques de la seule famille autorisée, la sienne.

Introduction à la photographie de Matthias Olmeta par François Cheval, conservateur en chef du musée Niécephore Niépce , France (2011).

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