Jack Jeffrey et Bernadette Phan

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Heures d'ouverture de la galerie :
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 15h à 19h.
Le samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h.

Galerie du Tableau

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Diem Perdidi est une association créée en 1990 et dont l’objet est " la promotion des artistes plasticiens de la Région Provence Alpes Côte d’Azur ".

Depuis 1991 Diem Perdidi gère la Galerie du Tableau, rue Sylvabelle, à Marseille.

C’est un petit espace agrandi par le temps. En proposant un artiste par mois, la Galerie du Tableau, n’aurait pu en vingt-deux ans n’en proposer que deux cents.

Pour l’heure ce sont deux mille expositions et plus qui ont eu lieu.

Le 17 décembre 1990, un " microbe " de Max Ernst était proposé pour l’inauguration. Une épidémie s’est, ce jour-là, déclarée.

Dans cette galerie sont exposées des oeuvres d’art contemporain avec cette singularité que les expositions se déroulent selon un rythme bimensuel. Autrement dit un lundi sur deux a lieu un vernissage. Ainsi plus de 2000 artistes, pour la plupart de la Région PACA, ont pu présenter leurs travaux à la Galerie du Tableau.

Outre cette activité régulière, Diem Perdidi organise des manifestations qui permettent des échanges internationaux : Il s’agit alors soit de permettre aux artistes de la Région d’exposer à l’étranger, soit d’organiser l’accueil d’artistes étrangers dans la Région PACA.

Diem Perdidi

Jacques Solletty : exposition du 29 juin au 11 juillet 2015

 

« Nous voulons examiner des images bien simples, les images de l'espace heureux... L'espace saisi par l'imagination ne peut rester l'espace indifférent livré à la mesure et à la réflexion du géomètre. Il est vécu. Et il est vécu, non pas dans sa positivité, mais avec toutes les partialités de l'imagination... Sans cesse l'imagination imagine et s'enrichit de nouvelles images. C'est cette richesse d'être imaginé que nous voudrions explorer. »

(Gaston Bachelard, La poétique de l'espace,1957)

Plus que des images de paysages, des effets de paysages composent de grands tableaux photographiques, loin d’offrir un miroir à la nature. Un point de vue tout troublé et incertain de formes, formes perdues dans un fond dénudé et décoloré, matières atmosphériques et temporisations de couleurs, lointains réguliers et ciels brûlés, mer qui fait écran et constellations scintillantes de vagues, plans de falaises en ombre et clair-obscur au dessin tranchant, tous ces composants se voient rattrapés dans leur mouvance, déplacés dans un entre-deux et emportés dans un tropisme voilé. Au bout de l'objectif (et du téléobjectif), paysages en voie d'abstraction, spectacles de nature épuré en phénomènes, endroits sans lieux, no man's land, ressemblances spectrales, vérités pleines de ces mensonges minutieux qui nous parlent d'art et de beauté en suspension, réalité inaccessible, dans le sens où l'art n'a que faire du fini, des "clichés" du paysage qui répondent à une iconographie spécifique pour les projeter dans les profondeurs d'un imaginaire latent. Une construction du regard s'élabore autant d'un quoi que d'un quand. Vous êtes ici, entre chien et loup, à perte de vue.

C’est donc du côté de la vision plus que du regard objectif que se construisent les images de Jacques Solletty, vision utopique où le photographe « devient » l'appareil photo autant que dans la position de contemplation. Prendre ses distances avec le paradigme mimétique (techniciste et scientifique) du médium photographique pour faire voir (dépeindre) et non plus seulement donner à voir (reproduire). S'opère alors le dépassement de l’esthétique naturaliste pour atteindre une sorte d'« esthétique des aberrations optiques ». L’œil humain est affecté d'imperfection dans la vision objective selon la situation : coucher de soleil, contre-jour, brume, etc. qui produisent des effets optiques chromatiques, dispersion, halos, flou, distorsion, lignes droites (horizon et contours francs)... Le regard est empreint de la situation et de son expérience, où l'ambiance fait événement, dans laquelle plonge la vision par le jeu du téléobjectif. Une «poétique de l'espace» est le point de départ du programme photographique de l'artiste. Tout y est affaire de distance paradoxale, à entendre ici dans le même sens mémoriel et émotionnel que sommeil paradoxal, lorsqu'il accompagne le rêve. Prendre de la distance avec le sujet photographié, c'est l'interpréter, c'est aussi le faire interpréter par le spectateur, c'est demander d'inventer, d'imaginer : ce qui est, ce que je vois, ce que cela crée. Toucher des yeux et divaguer en image et revenir en tableau, comme un souvenir qui fait littéralement surface.

La peinture a été longtemps définie à tort comme "imitation de la nature", avant que la photographie ne prenne sa place de paradigme de la fenêtre. Puis le Pictorialisme a fait dériver le médium photographique dans un ailleurs du simple reflet de la réalité. Dans ce sens, les titres des travaux affirment pour sujet explicite « la relation de la photographie avec l’art » et prennent au mot une correspondance dialectique et romantique avec la peinture, qui témoigne de son sommeil paradoxal dans la photographie de Jacques Solletty, c'est-à-dire de son influence dans sa manière pictorialiste, la forme-tableau, les genres traditionnels du paysage et de la Marine, les textures impressionnistes... autant que de son absence concrète. Photographie et peinture sont mises en réflexion, en transversalité, d'une certaine manière en abstraction, à la fois si proches et si lointaines. C'est pour cela que l'usage du mot anglais « picture » s'applique le mieux aux œuvres de l'artiste car il se traduit notamment par « image », « tableau » et « photographie ». Une manière de glisser toujours une réalité d'image plus loin dans ce que l'on voit, en-deçà et au-delà de ce que l'on voit.

Luc Jeand'heur

 

 

 

 

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